Nos outils sont de plus en plus rapides et pourtant, on a moins de temps. Pourquoi?

temps-internet

Une fois n’est pas coutume, voilà un billet assez philosophique sur Didoune.fr.

Il fait suite à un article que je viens de lire et qui est particulièrement intéressant: La technique est-elle responsable de l’accélération du monde.

Il s’agit d’un article revenant sur une conférence tenue il y a quelques jours par un philosophe allemand en France sur le thème de l’accélération du monde.

Je vous invite fortement à lire cet article. En gros et pour simplifier, ça tourne autour de ces sujets:

  • La technique (internet, communication, transport, …) évolue très vite, ce qui nous permet de faire plein de choses en moins de temps: parcourir des grandes distances plus vites, traiter plus d’emails qu’on écrivait de lettres à l’époque, …
  • En toute logique, on devrait donc avoir plus de temps pour nous vu que on est capable en moins de temps de faire plus de choses.
  • La situation cependant est inverse, on dispose de moins en moins de temps libre. D’ailleurs, plus on est riche matériellement, plus on devient pauvre en ressource temporelle. De la même manière: plus les sociétés sont riches, plus les gens sont stressés.

Le problème vient du fait que la croissance de l’activité (le nombre de choses à faire) est plus importante que les progrès de la technique. C’est notre société qui veut ça:

Une société moderne est caractérisée par le fait qu’elle a besoin de la croissance, de l’accélération et de l’innovation pour maintenir le statu quo. Elle doit croître, innover, accélérer pour demeurer stable.

On se retrouve donc à faire de plus en plus d’efforts, de tâches, pour rester dans le coup, rester compétitif ce qui nous pompe toujours plus d’énergie et de temps.

Avant de mourir, on se dépêche pour faire des millions de choses. Cela traduit cet aspect culturel qui relie notre idée d’une “bonne vie” à la vitesse

Avant de mourir, on se dépêche pour faire des millions de choses. Cela traduit cet aspect culturel qui relie notre idée d’une “bonne vie” à la vitesse

Le philosophe et son équipe travaillent donc sur l’élaboration d’une société qui pourrait vivre sans ce besoin constant de croissance.

Pour que cette société soit possible, il est nécessaire d’introduire des réformes économiques, des réformes de l’État providence, qui ne doivent pas faire que répartir les résultats de la croissance, mais introduire notamment le revenu garanti pour casser la logique de compétition.

Il nous faut avoir une idée sur ce qu’est la “bonne vie”, le “bien vivre” ou “buen vivir” : qu’est-ce qui fait que notre vie est réussie ? C’est une erreur culturelle de penser que la vie est bonne si elle va vite, si elle offre plus d’options, de possibilités.

Notre vie est réussie dans les moments de résonance. “La résonance  c’est le sentiment que nous agissons dans un contexte qui nous répond, qui s’adresse à nous”.

De manière plus personnelle, je trouve ces considérations très importantes. De nos jours (et moi le premier), on est constamment dans l’action, constamment connectés. On est toujours sur Facebook à vouloir savoir ce que font nos amis, toujours à lire et répondre à nos emails sur nos smartphones, toujours dans l’action et dans le « plus j’en fait, mieux c’est ».

Mais posez vous la question, est ce que faire tout ça vous rend plus heureux?

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